• Animorphs - T13 - La mutation - Chapitre 6

      < D'abord, gros malins, arrêtez de couper le feuillage, ils suivent la piste que vous faites. Ensuite... sautez sur la gauche! Maintenant! Sautez! >

      Les deux Hork-Bajirs ont bondi sur leur gauche juste au moment où déboulaient deux motos, qui les ont ratés d'à peine un mètre.

      Boum! Boum!

      Un des Contrôleurs a fait feu des deux canons de son fusil automatique. J'ai vu les plombs réduire un tronc d'arbre en sciure humide.

      < Bon, continuez dans cette direction >, ai-je ordonné aux Hork-Bajirs.

      La parole mentale fonctionne un peu comme un courrier électronique : vous pouvez l'adresser à tout le monde, ou bien à un seul destinataire. Ca paraît compliqué, mais on s'y habitue.

      < As-tu un plan? > m'a demandé Rachel sans que les Hork-Bajirs puissent l'entendre.

      < Je n'y ai pas vraiment pensé >, ai-je avoué.

      < Est-ce que tu connais un endroit sûr où ils pourraient se cacher? >

      Je me suis mis à chercher dans mes souvenirs. Il fallait que je pense en humain, et non en oiseau. Les Hork-Bajirs ne pourraient pas vraiment se cacher dans les arbres.

      < Oui. Je connais une grotte. Si nous arrivons à les garder en vie jusque là. >

      Les Hork-Bajirs couraient à toute vitesse. Mais je voyais maintenant deux camionettes 4x4 qui venaient de l'autre direction. Elles fonçaient le long d'un chemin de terre, et se rapprochaient pour couper la route aux deux fuyards. Les Yirks barraient toutes les issues.

      < Bon sang, on se croirait dans une mauvaise partie d'échecs, quand c'est l'autre joueur qui a toutes les pièces >, ai-je grommelé.

      < Tu connais cette forêt, Tobias. C'est notre grand avantage. >

      < Oui. Espérons. >

      J'ai regardé à gauche et à droite. Oui. Je connaissais bien cette forêt. Je savais où nous étions. Je connaissais chaque arbre, chaque ravin, chaque petit ruisseau.

      < Bon, les gars, coupez sur la droite, maintenant. Il y a un fossé, mais allez-y, car il y a deux Contrôleurs sur votre chemin. Il faut que vous longiez cet amas de rochers, là, en le gardant sur votre gauche. >

      Les Hork-Bajirs ont hésité, piétiné un peu sur place et regardé autour d'eux, l'air perplexe.

      < Vous n'avez entendu? >

      < Ils n'ont entendu, a dit Rachel, laconique. Mais je crois que les indications étaient trop compliquées. >

      < Ah d'accord. Super. Dans ce cas, on va jouer à suivez le guide. >

      J'ai pris une grande inspiration et j'ai regardé tout autour de moi pour vérifier que je savais exactement où j'étais. Puis j'ai laissé glisser un peu d'air de sous mes ailes, et je me suis laissé tomber dans les arbres en essayant de maintenir autant de vitesse que possible.

      < Bon. Et maintenant, suivez le gros zoziau! >

      J'ai piqué juste au ras de leurs têtes.

      < Ouais, moi. Le gros oiseau brun avec la jolie queue rousse. Suivez-moi et restez tout près! >

      < Tobias! a hurlé Rachel. Un des camions arrive droit sur vous! >

      J'ai obliqué abruptement sur la gauche et les deux monstres ont foncé à ma suite.

      Avez-vous jamais fui à toute vitesse dans une forêt très dense? Sans doute pas. Eh bien je vais vous dire : c'est excitant. Excitant comme un jeu vidéo réglé à le vitesse maximale, où une mauvaise manipulation suffirait à vous transformer en charpie de plumes et d'os d'oiseau.

      < Restez avec moi, les garçons, on va speeder. >

      La-dessus, j'ai foncé entre deux arbres si rapprochés que j'ai senti le bout de mes ailes effleurer l'écorce. J'ai fait un virage en épingle à cheveux sur la droite et j'ai manqué de m'écraser contre un chêne. Très vite, je me suis mis à battre des ailes pour reprendre de la vitesse avant que les Hork-Bajirs, qui visiblement ne brillaient pas par leur intelligence, ne m'écrasent.

      Haut dans le ciel au-dessus de nous, Rachel me tenait informé de l'évolution de la situation.

      < Tobias! Attention! Sur ta gauche, trois motos qui approchent! >

      < Tobias, il y a un camion qui arrive derrière toi. Ils ont repéré les Hork-Bajirs! >

      < Tobias! Attention! Un type avec un fusil! >

      Boum! Boum!

      Une volée de plombs a criblé l'air, tout autour de moi, et déchiqueté les feuilles d'une branche.

      Mes muscles me brûlaient, mais la décharge d'adrénaline avait été si forte que je n'y faisais pas attention. C'était du délire! Je fonçais comme un bolide à travers la forêt, louvoyais entre les troncs d'arbre, volais au ras des buissons, traversais des territoires appartenant à d'autres oiseaux qui m'auraient tué si j'avais ralenti.

      J'étais le lièvre et les deux redoutables Hork-Bajirs les chiens qui me chassaient à travers les bois. Et je dois leur reconnaître un talent aux monstres : ils ne sont peut-être pas très doués pour suivre des indications, mais ils savent se concentrer.

      Zoum! Entre les arbres!

      Zoum! Un saut juste à temps pour éviter un tas de rochers!

      Zoum! A gauche!

      Zoum! Droite toute!

      Zoum! Tout droit et tous les muscles de mon corps qui me brûlent à hurler.

      -Tsiiiiiiir! Tsiiiiiiir!

      Je poussais des cris de peur et d'excitation à la fois, l'excitation du queue-rousse en pleine action.

      Ca, c'était voler!

      Mais je ne me rapprochais pas de mon but. Et je n'arrivais pas non plus à semer les motos ni les 4x4.

      < Tobias! Oh, non! Il y a un hélicoptère qui arrive au sud. A peut-être deux minutes d'ici! >

      < Si cet hélico nous rattrape avant qu'on ait semé les Contrôleurs qui sont au sol, on est morts. Il y a une rivière. Tu crois que ces monstres savent nager? >

      < Ils n'ont pas l'air... >

      < Les Hork-Bajirs, ai-je demandé, est-ce que vous savez nager? Si oui, taillez le premier arbuste que vous voyez. >

      Zip! D'un coup, un arbuste raccourci de moitié.

      < Très bien, alors suivez-moi! >


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